Promenade du soir
Français — Judith Gautier
Le soleil d'automne a traversé la prairie en venant de l'est ; maintenant il glisse derrière la grande montagne de l'ouest.
Il reste une lueur dans le ciel ; sans doute le jour se lève de l'autre côté de la montagne.
Les arbres sont couverts de rouille, et le vent froid du soir décroche les dernières feuilles.
Une cigogne veuve regagne son nid solitaire, tristement et lentement, comme si elle espérait encore voir revenir celui qui ne reviendra plus,
Et les corbeaux font un grand bruit autour des arbres, pendant que la Lune commence à s'allumer pour la nuit.
Judith Gautier, Le Livre de Jade, 1867.
Deutsch — Hans Bethge
Vom Osten kommend, hat die milde Sonne
Des Herbstes nun die Wiesen überquert
Und stirbt im Westen in den großen Bergen.
Ein Schimmer bleibt am Firmament. Die Bäume
Glühn oben rosarot. Der Wind des Abends
Löst von den Zweigen still das letzte Blatt.
Ein Storchenweib, einsam und voller Trauer,
Fliegt zögernd seinem Neste zu, als hofft es
Des toten Gatten Rückkehr zu erleben.
Scharen von Raben heben ein Gekrächz
Um die erloschnen Bäume an. Der Halbmond
Steigt voller Schwermut in die kühle Nacht.
Hans Bethge, Pfirsichblüten aus China, 1922, p. 58.
Textes du domaine public. Chaque version suit son propre original :
Gautier travaillait d'après une dictée chinoise, Bethge d'après le français de Gautier,
Giles d'après le texte chinois lui-même.